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Le monde de la Tauromachie m'intéresse parce qu'il est constitué d'ombres et de lumières, acérées de rouge et de noir. J'avoue que ces intentions picturales, dans une technique répétitive différentielle, m'ont poussé à travailler ce thème, non par engagement, ma liberté s'y oblige, mais pour une coutume culturelle qui passionne les débats.
Sur le thème de la Tauromachie empreint d'extrêmes, des artistes y retracent la force du combat entre l'homme et l'animal, ou les hurlements et les silences de la foule, ou s'engagent pour ou contre cette culture par des oeuvres ou des textes engagés. Je suis convaincu que toute création artistique est respectable, si elle n'est pas donneuse de leçons, mais nous amène à prendre conscience de son propre débat intérieur. C'est la vraie force de l'art.
Personnellement je pense que le rôle de l'artiste est de transmettre l'émotionnel des choses afin que d'autres puissent en définir, au-delà de leurs propres émotions, des limites acceptables par tous. L'art est définissable mais ne définit pas.
L'art se contente de faire tourner le monde. Parfois plus vite. Parfois moins. Sans l'art et ses multiples formes d'expression, l'homme ne pourrait être dénommé comme tel. Si l'art meurt, l'homme meurt.
Pour cette raison, l'art doit mesurer son agressivité pour ôter à son prédateur naturel toute chance de concrétiser un nihilisme abusif et autodestructif.
JR LELOUP, mai 2005
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